Le rap français perd Calbo, pilier du duo Ärsenik
Le rappeur Calbo, figure emblématique du rap français et membre fondateur du duo Ärsenik, est décédé le dimanche 4 janvier à l’âge de 52 ans. Actif depuis le début des années 1990, il laisse derrière lui une œuvre marquante et l’empreinte durable d’un pionnier respecté par plusieurs générations d’artistes.
Une disparition qui bouleverse le paysage du rap français
Une annonce confirmée par les proches
La disparition de Calbo a été rendue publique ce dimanche 4 janvier par plusieurs proches du groupe Ärsenik, avant d’être confirmée par sa famille. Dans un communiqué relayé par la presse, celle-ci a appelé à la retenue et à la bienveillance, rappelant que derrière la figure publique se trouvait avant tout un homme, un parent et un être cher. À ce stade, les circonstances exactes de son décès n’ont pas été officiellement détaillées.
Une santé fragilisée ces dernières années
Si les causes précises de sa mort demeurent floues, il est toutefois établi que Calbo avait rencontré d’importants problèmes de santé. Deux ans auparavant, le rappeur avait notamment été hospitalisé en raison de complications liées à son diabète. Ces éléments, sans permettre de conclusions définitives, éclairent néanmoins un parcours marqué par la maladie dans ses dernières années.
Des racines solides et une trajectoire fondatrice
De Villiers-le-Bel aux premières scènes rap
Né sous le nom de Calbony M’Bani, Calbo a grandi à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise, au cœur du quartier de La Cerisaie. Ce territoire, souvent évoqué dans le rap français, a profondément nourri son écriture, son regard social et son rapport au monde. C’est au début des années 1990 qu’il fonde, aux côtés de son frère aîné Lino, le duo Ärsenik, rapidement identifié pour son identité sombre et ses textes incisifs.
L’ascension au sein du collectif Secteur Ä
Très vite, Ärsenik s’impose comme l’un des groupes les plus singuliers de sa génération. Le duo rejoint le collectif Secteur Ä, véritable vivier du rap français, aux côtés d’artistes majeurs tels que Passi, Doc Gynéco, Stomy Bugsy ou encore Rohff. Cette affiliation contribue à inscrire durablement Calbo dans l’histoire du mouvement, à une époque où le rap français structure ses codes et affirme sa légitimité culturelle.
Une œuvre marquante et un héritage durable
Des albums devenus références
En 1998, Ärsenik frappe un grand coup avec la sortie de Quelques gouttes suffisent. Certifié double disque d’or, l’album s’impose rapidement comme une référence incontournable du rap hexagonal. Des titres tels que Boxe avec les mots ou Une affaire de famille traversent les années et s’inscrivent dans le panthéon du genre. En 2002, le duo confirme avec Quelque chose a survécu…, prolongeant une trajectoire artistique exigeante et cohérente.
Une carrière solo discrète mais respectée
Après l’aventure collective, Calbo poursuit son chemin en solo, sans jamais chercher une exposition médiatique excessive. Fidèle à sa posture, il privilégie les collaborations et les projets personnels, dont un EP intitulé Quelques gouttes de plus, paru récemment. Ce dernier opus témoigne de sa constance artistique et de son attachement à une écriture sincère, loin des effets de mode.
La disparition de Calbo marque la perte d’une voix singulière et profondément respectée du rap français. Pionnier discret mais essentiel, il aura contribué à façonner l’identité d’un mouvement aujourd’hui central dans la culture populaire. Son héritage artistique et humain continue de résonner à travers les hommages de ses pairs et la mémoire collective du rap hexagonal.
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