#adjectif

2025-02-25

Le qu'on ferait bien d'utiliser à nouveau :

"picrocholin", adj.

Se dit d'un conflit entre des institutions, des individus, aux péripéties souvent burlesques et dont le motif apparaît obscur ou insignifiant. "Une guerre picrocholine".

Plan de l’article :

I. Définition générale
II. Morphologie
III. Copules
IV. Verbes à élargissement attributif

V. Attributs de l’objet
VI. Bibliographie

I. Définition générale

Que sont les attributs ?

Nous avions déjà évoqué la notion d’attribution, jadis, par l’intermédiaire du concept de diathèse du verbe, comme on peut faire l’analyse de la « voix passive » sous l’angle de l’attribution. Typiquement et généralement, l’actant de type « attribut » est analysé comme un actant essentiel du verbe, puisque sa suppression entraîne un changement majeur de sens (1). On le trouve généralement à la droite de verbes dits attributifs comme être, paraître ou demeurer, et servent généralement à préciser une propriété ou une qualité d’un autre actant comme le sujet.

(1a) Jean paraît malade.
(1b) Jean paraît.

En ce sens, l’attribut est non seulement dépendant de l’identité du verbe l’introduisant, mais aussi de l’actant auquel il se rapporte. Cela se voit notamment par l’intermédiaire de l’accord entre l’attribut et l’actant auquel il se rapporte (2). Cet actant est souvent sujet, mais il peut aussi être, comme on le verra, objet du verbe.

(2a) Jean est gentil.
(2b) Marie est gentille.

Si les interprétations sémantiques de l’attribut sont diverses, elles impliquent généralement une procédure d’identification, proche de l’opérateur égal (« = ») des mathématiques. Il s’agit d’attribuer (d’où le nom « d’attribut ») une propriété, de l’ordre de la qualité ou de l’identité à un autre référent.

Un certain nombre de structures peuvent être qualifiées comme relevant de l’attribution, et un très grand nombre de verbes peuvent les introduire. Au niveau syntaxique, deux propriétés majeures permettent de repérer l’attribution :

  • D’une part, le lien que l’attribut tisse avec le verbe introducteur les consacre comme faisant partie pleinement de sa structure d’actance. En ce sens, un détachement en tête de phrase nécessite de prendre le groupe composé du verbe attributif et de l’attribut (3b), et non pas, simplement, l’attribut seul (3c). Au contraire, les compléments d’objet direct peuvent être isolés en tête de phrase (4b).

(3a) Tout le monde rêve d’être heureux
(3b) Être heureux, tout le monde en rêve.
(3c) *Heureux, tout le monde rêve d’être.

(4a) Tout le monde rêve de manger des pommes
(4b) Des pommes, tout le monde rêve d’en manger.
(4c) Manger des pommes, tout le monde en rêve.

  • Ensuite, ces attributs peuvent être pronominalisés par la forme invariable le, qui agit davantage comme une « béquille syntaxique » assurant la grammaticalité du verbe, que comme une véritable anaphore, référentiellement interprétable. Là encore, ce trait distingue, les attributs des compléments d’objet.

(4a) Je suis une psychologue.
(4b) Je le suis (attribut)
(4c) Je la suis (complément d’objet)

Notre article reviendra tout d’abord sur la diversité morphologique des attributs, avant d’explorer les deux grandes familles de verbes pouvant les introduire : les copules et les verbes à élargissement attributif. Nous terminerons par parler des attributs de l’objet, qui composent une famille de compléments au repérage parfois difficile.

II. Morphologie des attributs

Ces deux dernières propriétés (détachement avec le verbe en tête de phrase ; pronominalisation par le) nous permettent de faire un inventaire des différentes formes que peuvent prendre les attributs en française. On peut trouver, ainsi :

  • Des adjectifs, souvent présentés comme la forme prototypique de l’attribut.

(5) Je suis heureux/heureuse.

(6) Je suis professeur.
(7) Je suis un professeur.

  • Des pronoms :

(8) Ils sont plusieurs.

(9a) Je suis qui je suis.
(9b) Je suis celui que tu crois.

(10) Pierre est de bonne humeur.

(11) Marie est ainsi.

  • Des propositions infinitives :

(13) Souffler n’est pas jouer.

  • Ou des subordonnées circonstancielles :

(14) L’inflation (c’)est quand l’argent perd sa valeur.

III. Copules

Les copules sont des verbes spécialisées dans l’introduction d’attributs du sujet : ce sont les seuls compléments qu’ils peuvent introduire. Le verbe être est sans doute le prototype de cette famille et sans doute le plus employé ; mais on peut également trouver une série de verbes qui peuvent être vus comme des variantes sémantiques de celui-ci, comme paraître, devenir, demeurer, sembler ou rester. Ainsi, devenir dénote une identité future ou en cours d’accomplissement alors que paraître signalerait une identité superficielle.

Le verbe avoir peut également, dans certaines structures, avoir un rôle de copule et introduire des attributs, et non des compléments d’objet. Ainsi, les exemples (15) emploient avoir dans un rôle de copule, comme le montrent les tests de pronominalisation et de détachement :

(15a) Je n’ai pas honte d’avoir faim.
(15b) Les maisons ont le toit pentu.
(15c) (D’)Avoir faim, je n’en ai pas honte.
(15d) Elles l’ont (*Elles les ont)

Le verbe avoir peut également entrer dans des périphrases attributives, et l’accord peut parfois être senti comme facultatif, en fonction de l’analyse : après l’expression avoir l’air, l’accord, fréquent, indique un lien attributif avec le sujet (16a) ; mais l’absence d’accord fait de l’adjectif un épithète du nom air, et non un attribut.

(16a) Marie a l’air idiote.
(16b) Marie a l’air idiot.

On notera enfin que dans dans une perspective interlangue, c’est tantôt l’équivalent de la copule être, tantôt le verbe avoir, qui rend la même propriété attributive :

(17a) I am 16 (ang.)
(17b) J’ai 16 ans.

Enfin, notons que les copules peuvent souvent être supprimées, particulièrement le verbe être, l’attribut devenant un genre d’apposition ou de construction détachée :

(18a) Marie est une autrice et elle compose des romans.
(18b) Marie, une autrice, compose des romans.

IV. Verbes à élargissement attributif

Du fait de l’ellipse possible de la copule, certaines verbes peuvent, au prix d’une sorte d’associations de prédications réduites, introduire des attributs alors que leurs structures d’actance ne semblent pas, normalement, s’y prêter. Par exemple, en (19a), l’adjectif furieuses est attribut du sujet elles, par l’intermédiaire du verbe sortir, verbe de direction mais qui devient, ici, un verbe à élargissement attributif.

(19a) Elles sont sorties furieuses du bureau.

L’attribut, une fois encore, se repère par l’accord (furieuses et non furieux). La portée de la négation, qui va toucher non pas l’action du verbe, mais la propriété offerte par l’attribut (19b), permet également d’identifier le lien fort entre l’adjectif et le verbe, lien caractéristique de l’attribution et non d’un autre type de complément.

(19b) Elles ne sont pas sorties furieuses du bureau, mais heureuses.

En ce sens, (19a) peut être analysé comme le mélange de deux prédications, l’une événementielle, décrivant le mouvement du verbe sortir, ce qui serait son sens principal :

(19c) Elles sont sorties du bureau.

et une seconde prédication, existentielle ou attributive, portant sur l’adjectif furieuses :

(19d) Elles sont furieuses.

En quelques sortes, il y a comme une « mise en facteur commun » et la copule étant facultative, il devient tout à fait possible d’élaborer une expression réduite et d’étendre le domaine de l’attribution. Ce phénomène est assez fréquent : les verbes pronominaux (se trouver, se sentir…) sont des candidats de choix à cet élargissement attributif.

(20) Marie s’est retrouvée/trouvée/sentie… idiote sur le coup.

V. Attribut de l’objet

L’ellipse de la copule permet aussi de construire un phénomène plus discret en français, les attributs de l’objet, qui établissent un lien attributif non avec le sujet syntaxique de la phrase, mais avec un complément d’objet. La difficulté de repérage tient en ce que ces attributs, comme propres en (21a), sont identiques à des adjectifs épithètes.

(21a) Laissez les murs propres.

Nous avons pourtant ici, comme en (19a), une superposition de deux prédications, l’une événementielle :

(21b) Laissez les murs

, l’autre existentielle :

(21c) Les murs sont propres.

Différence étant, la relation attributive ne se fait pas avec le sujet, mais l’objet du verbe laisser, soit les murs. Une fois encore, remarquons que la négation porte sur l’attribut, et non sur le complément d’objet :

(21d) Ne laissez pas les murs propres, mais sales.

Mais également, on peut pronominaliser l’objet à part de l’attribut, du moins selon l’interprétation que l’on veut donner à la phrase, attribution (21e) ou complément d’objet (21f).

(21e) Laissez-les propres.
(21f) Laissez-les.

VI. Bibliographie

Parmi les références que nous pouvons citer sur ce sujet :

Site sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0) : partage autorisé, sous couvert de citation et d’attribution de la source originale. Modification et utilisation commerciale formellement interdites (lien)

https://questionsdelangue.wordpress.com/2024/10/19/lattribution/

#adjectif #attribut #complémentDObjet #copule #grammaire #MathieuGoux #Sémantique #Syntaxe #verbe

Plan de l’article :

I. Définition générale
II. SRA déterminatives
III. SRA explicatives
IV. SRA narratives

V. Bibliographie

I. Définition générale

Quelles sont les interprétations sémantiques des subordonnées relatives adjectives ?

Les subordonnées relatives adjectives, que l’on a présentées dans un précédent billet, sont introduites par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses dérivés) et sont fonctionnellement équivalentes à des adjectifs avec lesquelles on peut, notamment, les coordonner (1a, 1b).

(1a) Un souriceau tout jeune et qui n’avait rien vu
(1b) Un souriceau tout et jeune et inexpérimenté

Tout comme les adjectifs cependant, la relation que ces subordonnées entretiennent avec le nom auquel elles se raccrochent n’est pas univoque, et elles participent plus ou moins à la détermination de l’antécédent, parfois sans qu’une analyse précise ne puisse être faite.

La sémantique des subordonnées relatives adjectives est une analyse difficile, qui rend compte de leur statut particulier et de leur relation avec leur antécédent.

La tradition considère, généralement, trois grandes catégories de subordonnées relatives adjectives (SRA, à présent) : les restrictives, ou déterminatives, les explicatives et les narratives, ou rallonge.

II. SRA déterminatives

Les SRA déterminatives peuvent être assimilées à des adjectifs épithètes : on les trouve, en langue moderne, directement postposés à leurs antécédents sans segmentation graphique, virgule ou point (2).

(2) Les oiseaux qui sont blancs sont des perruches.

Ces SRA sont dites « déterminatives », ou « restrictives » car, du point de vue sémantique, elles « restreignent » l’extension de l’antécédent, c’est-à-dire sa faculté à désigner des référents, ou encore elles « déterminent » des sous-catégories d’antécédents. Ainsi, la différence entre les oiseaux et les oiseaux qui sont blancs tient en ce qu’il y a davantage d’animaux dans le monde qui peuvent être désignés par le groupe nominal les oiseaux, que les oiseaux qui sont blancs ; et les oiseaux qui sont blancs composent un sous-ensemble des oiseaux.

Il convient dès lors de comprendre que les SRA déterminatives co-construisent l’antécédent avec le nom, il ne s’agit pas d’un ajout d’information à partir d’une référence déjà construite. Par exemple, en (3a), le groupe « nom + SRA » peut être remplacé par un nom unique, sans modifier le sens général de la phrase (3b)

(3a) Les enfants qui bavardent seront punis.
(3b) Les bavards seront punis.

Cette co-construction référentielle explique pourquoi l’on peut retrouver ces SRA déterminatives dans des surnoms de personnages, comme « L’homme qui rit » de VIctor Hugo, comme elles font entièrement partie de leur interprétation. En ce sens, leur suppression entraîne une différence majeure de sens : Les enfants seront punis dessinent un scénario bien distinct de Les enfants qui bavardent seront punis.

Incidemment, le pronom relatif n’est pas, ici, une « vraie anaphore« , dans la mesure où il ne reprend pas le contenu sémantique de l’antécédent mais participe, pleinement, à celui-ci. C’est un relais, qui assure une continuité du fil de référence, mais non une reprise à proprement parler.

III. SRA explicatives

Les SRA explicatives peuvent être vues, de prime abord, comme l’exact contraire des SRA déterminatives. Elles ne participent pas à la co-construction référentielle de leur antécédent mais rajoutent une précision venant faciliter la compréhension, ou l’intension, de leur antécédent, c’est-à-dire leur faculté à désigner tel ou tel référent dans le contexte de la phrase. Par exemple, en (4)

(4) Les enfants, qui sont énergiques, m’épuisent.

La SRA qui sont énergiques vient expliciter (d’où ce nom de SRA explicative) un détail de l’antécédent pour faciliter la compréhension. Ainsi, ce qui explique le fait que « les enfants m’épuisent », ce n’est pas leur âge, leur petite taille, leur insouciance, etc., mais le fait qu’ils « sont énergiques ». Comme ces SRA ne participent pas à la construction référentielle de l’antécédent, et comme elles ne font que mettre en lumière une dimension sémantique de l’antécédent, elles sont parfois considérées comme « facultatives », voire supprimables. En typographie moderne, une séparation par une virgule indique, au regard des SRA déterminatives, ce caractère facultatif. Il est vrai, pour reprendre le dernier exemple, la différence entre ce dernier est « Les enfants m’épuisent » semble ténue. D’autres fois, cependant, la nuance est plus difficile à reconnaître. Si nous reprenons un couple d’exemples canoniques :

(5a) Les Alsaciens qui boivent de la bière sont obèses.
(5b) Les Alsaciens, qui boivent de la bière, sont obèses.

La différence entre (5a) et (5b) est certes cohérente avec les descriptions précédentes, mais rien, formellement, ne vient les distinguer si ce n’est cette virgule et la perspective communicationnelle de l’énoncé, soit ce que l’on veut dire par cette phrase. Comme la suppression de la SRA n’entraîne qu’une nuance sémantique, et non une agrammaticalité syntaxique, le test de suppression que l’on peut conduire est rarement conclusif en lui-même. C’est davantage la prise en compte globale de l’énoncé, le contexte précédent et suivant, qui permettra d’établir définitivement le rôle sémantique de la SRA. Si la ponctuation peut guider l’interprétation, non seulement celle-ci est un indice de seconde main, que l’on peut oublier ou mal employer par exemple, mais cette convention typographique n’a été véritablement établie qu’à l’époque moderne en français. D’ailleurs, certaines traditions, comme en allemand par exemple, emploient une virgule devant toutes les SRA, qu’elles soient déterminatives ou explicatives.

Cette fois-ci, enfin, le pronom relatif qui introduit une SRA explicative est une « vraie » anaphore, qui reprend les informations référentielles de l’antécédent. D’ailleurs, un indice permet d’identifier, quasiment à coup sûr, ces subordonnées : elles peuvent être introduites par le pronom relatif lequel, qui ne peut pas, quant à lui, introduire des SRA déterminatives. Son emploi force nécessairement une lecture non-déterminant, en raison de sa morphologie particulière.

(5c) Les Alsaciens, lesquels boivent de la bière, sont obèses.

IV. SRA narratives

Une troisième catégorie de SRA, qui n’est pas toujours identifiée par les grammaires, est appelée « narrative » ou « rallonge ». Elles ressemblent aux SRA explicatives, si ce n’est qu’elles développent une nouvelle prédication, ou une nouvelle information, à partir de l’antécédent, plutôt que d’expliciter une dimension de celle-ci. En ce sens, elles ne permutent pas réellement avec des adjectifs comme c’était encore le cas avec les explicatives (« Les Alsaciens, buveurs de bière… »). On peut, en revanche, substituer le pronom relatif avec un pronom anaphorique, cette transformation étant, encore une fois, impossible avec les autres SRA.

(6a) J’ai rencontré Pierre dans la rue, qui m’a dit qu’il partait en vacances.
(6b) J’ai rencontré Pierre dans la rue, il m’a dit qu’il partait en vacances.

Là encore, lequel peut introduire ces SRA narratives et on peut les trouver, notamment, après des signes de ponctuation plus forts que les virgules, des points-virgules ou des points. Ces emplois sont parfois condamnés, mais ils témoignent du caractère autonome de ces SRA, qui ne partagent plus qu’avec leur antécédent qu’un lien anaphorique et non plus syntaxique.

(7) Ça, c’est un autre problème. Qui se réglera en son temps. (Raizer, Mécanique mort, 2022)

Ce type de phénomène, dit encore « ajout après le point » ou « hyperbate », remet également en question l’unité de la phrase, et son éclatement dans la langue contemporaine au profit d’unités textuelles de rang supérieur.

V. Bibliographie

L’analyse des différents types sémantiques de subordonnée relative adjectives a fait l’objet d’un très grand nombre d’analyses et de publications, notamment afin de déterminer des tests d’identification fiables. Je n’en donnerai que quelques unes :

J’ai moi-même beaucoup travaillé sur la subordination relative : mon ouvrage dédié au pronom lequel, publié en 2019 aux éditions Classiques Garnier…

…et cet article, de 2019 encore, discute encore de ce sujet.

Site sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0) : partage autorisé, sous couvert de citation et d’attribution de la source originale. Modification et utilisation commerciale formellement interdites (lien)

https://questionsdelangue.wordpress.com/2024/09/14/semantique-des-subordonnees-relatives-adjectives/

#adjectif #explication #grammaire #MathieuGoux #narration #référence #Sémantique #subordonnée

2017-05-15

Toki Pona and language analysis
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sona

knowledge; wisdom; science
connaissance; savoir, sagesse; science
kennis; wijsheid ; wetenschap

intelligent; wise; scientific
intelligent, slim; wijs; wetenschappelijk
intelligent; sage; scientifique

toot ! 🐘

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